Expositions

"Musica Nuda"
FRANCE
ARLES – Chapelle Saint Anne – Place de la République

Parfois, l'idée même d'une série surgit au détour d'une conversation, d'un simple mot. 

Lors d’un échange musical avec un ami, je découvre le duo « Musica Nuda ». Deux mots qui me plongent immédiatement dans le concept (amplement exploité, mais après tout, pourquoi pas ?) : allier le nu à la musique, tout bonnement !

La quête des instruments commence – il faut redécouvrir le patrimoine de mes amis musiciens, dégoter des cuivres singuliers, des percussions rares, des cordes peu communes...

Le noir et blanc s'impose rapidement. Viennent le studio, trois flux lumineux, une atmosphère brute, claire-obscure mais pas seulement ... L'aspect technique doit passer au second plan, l'idée première étant de donner à entendre le son par l'image. Les corps se teintent alors d’aigus, de médiums, de graves, de sons étouffés ou fugaces, haletants ou stridents...

Ainsi « Musica Nuda » s’est-elle bâtie dans la volonté de lier l'imagination du spectateur à des sons intimes… la simple vue d'un corps entremêlé à un instrument méconnu peut-elle projeter le regard du spectateur vers son « oreille intuitive » ? L'image, réelle, prétend à une fiction sonore - celle construite de toute pièce par le mental du spectateur. Dans la sonorité d'une salle d'exposition, les symphonies imaginaires s'emparent alors de chacun, laissant les corps nus photographiés habillés d'une parure musicale.

ITALIE
ARLES – Chapelle Saint Anne – Place de la République

Mon regard caressant, cherche la beauté féminine dans sa vie quotidienne ; je saisis les gestes sensuels, les mouvements qui émanent de la délicate passion et qui dégagent l’érotisme et la sensualité de la femme.

L'avènement de la photographie dans ce thème central, à la fois dans le domaine de la peinture, des arts figuratifs durant les différentes périodes historiques, marque une nouvelle vision de la représentation féminine. Des premiers daguerréotypes reproduisant des figures statiques, imitant clairement la peinture du XIXème, aux femmes jalouses, le regard lascif en lingerie pour allumer un érotisme plus provoquant dès le début du XXème, montrent bien que les images féminines dégagent une force émotionnelle et suggestive extraordinaire.

Après une sélection minutieuse, pour cette l'exposition, je propose un recueil d'images, résultat d'un long travail débuté dans les années 60 et jusqu'à aujourd'hui où durant toute cette longue période, mes recherches n'ont jamais cessée. De l'habillage de la mariée aux clichés réalisés à partir d'images construites selon le rythme de mon imagination, ces femmes parfois prises dans le silence de la chambre pendant leur sommeil vibrent et résonnent en moi comme une danse voluptueuse aux notes qu’elles ne peuvent entendre…

"L’obsession de la normalité"
ITALIE
ARLES – Chapelle Saint Anne – Place de la République

Le temps s’arrête dans les œuvres de Giovanni Sesia, c’est un vrai protagoniste, qui à travers ses techniques picturales, d’un savant mélange de photographies, de peintures, de griffures et de feuilles d’or, bloque l’histoire… un visage, un regard, un élément naturel ou un objet du quotidien.

En équilibre instable, entre souvenir et apparition, mémoire et indignation, les images élaborées de Sesia, volent notre attention, nous induisent à réfléchir, à ouvrir les portes d’un autre monde très loin mais pourtant irrémédiablement proche. Exclure la dimension personnelle en niant l’unicité de chacun est le pas nécessaire pour se diriger vers la perfection présumée de la normalité.

Un sujet important et encombrant qui débute en 2014, d’une réflexion sur le vécu et l’expérience dans une structure pour malades psychiques. Afin d’exprimer son point de vue sur toutes les diversités, les œuvres de Giovanni Sesia réunissent à la mémoire des persécutions et des préjugés, qui hier comme aujourd’hui et dans la dimension monumentale de l’histoire comme dans notre quotidien, sont tout ce qui chaque jour doit être affronté…

"Chairs de pierre"
FRANCE
ARLES – Chapelle Saint Anne – Place de la République

Après Chairs de terre, Alain Rivière-Lecœur en vient à Chairs de pierre.

La pierre enfanterait des humains comme dans le mythe de Deucalion et Pyrrha. Les cavités minérales où les corps nus sont recroquevillés ne seraient que des poches amniotiques dans lesquelles les personnages sont prostrés en position fœtale.

Les corps fusionnent avec leur environnement pour les rendre indiscernables, on peut y voir un mécanisme de mimétisme ou comme Titan enchainé à son rocher, avec lequel il finit par se confondre. Leur aspect minéral commence à montrer des signes de fossilisation.

On y voit aussi un cycle éternel, celui de la résurrection et de la renaissance.

Louis Doucet


The stones give birth to humans as in the myth of Deucalion and Pyrrha.

The mineral cavities where naked bodies are curled up are amniotic pouches in which the people are prostrated in fetal positions.

The bodies merge with their environnment to become indistinguistable from it, we can see that their mineral aspects are showing signs of fossilization.

We can also see the eternel cycle of resurrection and revival.

Louis Doucet

"Vénus…"
FRANCE
ARLES – Chapelle Saint Anne – Place de la République

Au cœur des Cyclades, j’ai choisi l'ile grecque de Milos pour relancer l'organisation de stage long comme j'organisai précédemment (Corse, Maroc, Venise…).

Soleil, nature, recherche des lieux, thématique des prises de vues, mises en scène autant d’éléments pour ce témoignage photographique où l’intégration du modèle dans un décor, en lumière naturelle, reste pour moi les éléments-clés d’une réussite en toute simplicité.

Ces images retracent mon enregistrement photographique où durant une semaine, j’ai conduit et dirigé ce stage, à la grâce d’une Vénus douce et changeante, jouant ses différents rôles dans la plus grande respectabilité.

BR

"Le corps glorieux"
FRANCE
ARLES – Chapelle Saint Anne – Place de la République

Le corps est central dans ma photographie. Un corps enduit d’argile, symbole de l’union de la terre et de la chair, poussières éternelles. Cet élément principal est mis en scène au travers de différents rituels, profanes ou sacrés, ou parfois une synthèse des deux, quelque fois oniriques, dans des architectures de matières premières, bois, papier, rotin.

Hormis quelques thèmes profanes, je me suis davantage intéressé aux rituels sacrés, notamment pendant la période où j’ai travaillé au service des fouilles archéologiques de Lorraine. C’est pourquoi j’ai réalisé beaucoup d’images empruntant au patrimoine pictural les représentations de la souffrance, de l’extase, de la résignation du martyr en vue d’une rémission ultime.

C’est un peu l’enjeu de ce travail photographique, faire à la manière de, en gommant toute lecture dogmatique d’une quelconque doctrine pour créer une liturgie imaginaire soulignant la violence du sacré

FRANCE
ARLES – Chapelle Saint Anne – Place de la République

Frédéric Barzilay est un grand amoureux, amoureux de la photographie et de la femme, il conjugue les deux à sa façon. La femme, nous savons combien elle est changeante ; quant à la photo, elle permet tout : elle peut être tantôt d’un réalisme intransigeant, tantôt d’une poésie, voire d’une irréalité totale.

C’est cette dernière voie qu’il a choisie : ses femmes sont à la fois des créatures de rêve et des êtres de chair ; ce tour de force, il y parvient par l’usage qu’il sait faire de son objectif, parce qu’il sait jouer de la lumière, calculer ses effets de flou mais surtout parce qu’il sait voir, imaginer et rêver. Ainsi ses photos de femmes sont chaque fois l’image d’un rêve qu’il a fait et dans lequel il nous entraine.

(d’après un texte de  Georges Boudaille)

"Lea Lund& Erik K"
SUISSE
ARLES – Chapelle Saint Anne – Place de la République

Le couple d’artistes voyageurs présente ici les trois séries qui composent son œuvre.                                  

Nomades : photographies de voyage. L’Europe des places et des grands bâtiments renommés se situent en amont du processus photographique, comme des lieux espérés et désirés, appels de l’espace, de la légende et de l’œil.

Studio : qui réfère à des personnages historiques, à la religion, au sexe, à l'esclavagisme, au pouvoir. Une réparation doublée d’une amicale attention, semble établir un statut particulier au jeu photographique, partagé, par le couple à la mémoire des peuples noirs et à leur libération de l’esclavage, histoire qui a meurtri autant leur chair que leur âme et qui dispense toujours son ombre dans la psyché actuelle…

Sedamon : portraits d'Erik en roi nègre ou oriental imaginé. Lea Lund se focalise sur Erik K comme seule icône. L’environnement urbain a fait place à leur imaginaire, et les noirs et blancs taillés au scalpel se sont fondus en des gris profonds. Dans ces mises en scène, Erik n’est plus le compagnon, il n’est même plus humain ; intemporel, impénétrable, il incarne tour à tour la mélancolie, la nostalgie, l’abandon, que Lea crée et impose de son seul regard. Revanche, réparations, provocations ; Lea Lund, en centrant son regard essentiel sur ce seul personnage – il n’est jamais question de politique – lui donne cette magique présence et consacre la beauté par une amoureuse célébration aristocratique du Roi Nègre.

Les réminiscences d’Apollinaire, Breton, Picasso, des Surréalistes ont forgé le lien à l’Art Nègre. Erik K incarne avec maestria la figure du Dandy aristocrate, éblouissant le monde, l’habitant de sa royale présence.

"Les SaugreNUES"
BELGIQUE
ARLES – Palais de l’Archevêché – Place de la République

Dans « Les SaugreNUES », la beauté féminine ne se conjugue qu’à l’imparfait. L’imperfection y est sublimée dans des mises en scène originales, décalées... et saugrenues.

La photographie est un art narcissique. Si le photographe aime s’exposer à travers ses photos, le modèle aime qu’on le regarde. Il apprécie donc que le photographe le mette en valeur. C’est rarement le cas d’Irving S. T. Garp. « Le petit oiseau » qui sort de son objectif a des griffes et donne des coups de bec.

Le modèle doit donc avoir une bonne dose d’autodérision pour accepter qu’une partie de son image soit détruite.

Toutefois, que l’on ne s’y trompe pas… Irving S. T. Garp est un «fotograffe» qui aime les F…, les Femmes.

"Elles et lui"
FRANCE
ARLES – Palais de l’Archevêché – Place de la République

C’est l’histoire d’un garçon et de deux filles qui ne savent pas réellement où ils se trouvent et qui ils sont. Sont-ils dans mes images ou dans leur réalité ?

Ils se retrouvent dans des situations peu communes, découvrant  cette nudité expérimentale.

Le scénario fantasmatique est déclenché par mon reflex ! La fascination hypnotique du corps de ces deux belles femmes avec une beauté provocante, parviendra t’elle à s’imprimer sur papier glacé ?

"Une femme est dans la mer"
FRANCE
ARLES – Palais de l’Archevêché – Place de la République

Ce projet est né en villégiature sur l’île de Patmos, lieu légendaire des récits de la mythologie grecque et de la révélation de l’Apocalypse de Jean. Au sein sublime de la mer Egée, j’ai posé le décor de mon espace pictural.

En apnée, avec un boitier waterproof, j’ai capturé des images rendues aléatoires par l’effervescence des courants marins, la pression de l’eau et la perception troublée de la lumière. La photo d’ouverture situe une femme comme sujet. Le choix de ne pas recadrer l’image, le parti pris du diptyque et du triptyque permettent de rendre perceptible en images ses élans émotionnels.

Une femme est dans la mer, son visage est hors de l’eau. Son corps nu est désirant, elle invite le mouvement. Cependant elle semble confusément ne pas savoir si son réel se trouve au dedans ou au dehors. Ses tentatives hésitantes sont rythmées par ses pulsions contradictoires, elle flotte, jaillit, explore, attend, et se débat dans cet espace sensoriel et temporel autarcique. Son aspiration à s’élever et à communiquer hors de cette étendue ambivalente est constamment brisée par la chute des corps.

Comment va t-elle y parvenir ?


« A woman in the sea »

This project emerged from a visit to Patmos, the legendary island of both the revelation of John's Apocalypse and Greek mythology. It is in the sublime surrounding Aegean Sea that I have decided to set the scene for my composition.

Whilst free diving with a waterproof case, I immortalised instants made unpredictable by the effervescence of the streams, the water pressure and the bending of the sun light. The opening picture depicts a woman. The firm stance of the diptych and the triptych as well as the fact that I have not reframed the image on purpose convey her emotional impulses.

A woman is in the sea but her face is out of the water. Her naked body is willing. She asks for movement. Yet, she seems not to know if her real is within or outside. Contradictory impulses shape her hesitating attempts : she floats, she flows, she waits, she explores and she struggles in this autarchic space. Her aspiration to rise and communicate outside of this ambivalent expanse is sporadically broken by the law of falling bodies.

How will she manage?

"L’Ove"
FRANCE
ARLES – Palais de l’Archevêché – Place de la République

Nous sommes tous issus d’un œuf et avons tous une histoire, notre histoire. Nous avons tous des vécus, une vie, des origines différentes et avançons comme nous pouvons dans le monde que l’on nous propose.

Puis un jour on rencontre la personne avec qui on a envie de créer son propre monde, un monde bien à soi. Son cocon, sa bulle. De cette bulle, de cet œuf que l’on forme à deux, nous voudrons ensuite imaginer, construire, donner vie à notre nouvelle histoire.

C’est de là que m’est venue l’idée de créer une série de tableaux représentant des couples d’horizons différents, se lovant pour former cet « œuf » dans des lieux tantôt doux et agréables, tantôt durs, froids ou même blessants.

Prendre de la hauteur était nouveau pour moi mais essentiel pour mettre en scène ces tableaux que je souhaitais simples et épurés.

"Champs de bataille"
FRANCE
ARLES – Palais de l’Archevêché - Place de la République

Qui sont les Guerrières de Bruno Fournier ? Des combattantes qui brandissent leur nudité comme un symbole de liberté absolue, en lutte contre un monde coercitif.

Certaines sont armées de boucliers qui prennent la forme d’accessoires inattendus : jante, sèche-cheveux, corde, crâne, stéthoscope, mégaphone… D’autres crient, courent, écartent les jambes, s’allongent, s’isolent ou réfléchissent.

À la campagne, dans un appartement, à la mer, dans un studio photo. Où qu’elles soient, quelles qu’elles soient, ces femmes s’imposent comme des créatures conscientes d’une condition humaine tiraillée entre puissance et vulnérabilité. Au cœur de cette écriture artistique imprégnée d'une maîtrise amoureuse du mouvement se côtoient trois thèmes chers au photographe : dérision, force et nudité.

Bruno Fournier saisit la richesse des émotions intérieures de la femme à travers ce travail où la pureté des images fait écho à une photographie sans retouches. À vous maintenant de prendre le temps d’apprécier ces Guerrières, voire de vous mettre dans leur peau.

Cécile Strouk

BELGIQUE
ARLES – Espace Van Gogh – Place Wilson

Les images de Didier Gillis, majoritairement des portraits, sont issues de séances de prises de vues en studio, avec des femmes inconnues, et posant pour lui une seule fois. Ces femmes ne sont pas choisies par des critères esthétiques mais pour leur désir de se « mettre à nu », et de s’accepter telles qu’elles sont avec leurs doutes, leurs fragilités, leurs imperfections et tout ce qui fait d’elles des modèles hors normes.

De par sa manière de photographier et de traiter ses images avec un procédé ancien, Didier Gillis crée des tableaux où le contraste entre le propos et la représentation déstabilise, dérange. Les images dégagent une ambiance très dure, brute mais remplies de ces beautés auxquelles nous n’avons pas l’habitude d’être confronté et qui nous renvoient à nous-mêmes, tel un électrochoc.

"Ambivalences"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh – Place Wilson

« Ambivalence : tendance à éprouver ou à manifester simultanément deux sentiments opposés à l’égard du même objet ».

La définition froide d’un mot cache toujours les nuances et les aspérités que l’existence, l’histoire et le temps lui impriment. En sondant le rapport masculin-féminin, mais également celui que nous avons tous avec nos propres intimité et esprit, Justine Darmon propose une lecture à la fois sensuelle et rugueuse de nos émotions, de nos peurs comme de nos espoirs.

A travers les corps qui incarnent dix chapitres de la mythologie grecque, la photographe nous invite à plonger dans notre intériorité et notre corporéité, dans leurs incessants affrontements, mais également dans les mouvements contradictoires ou complémentaires qui guident nos vies, nos relations, nos trahisons.

Il s’agit d’une interprétation sensuelle des luttes et des alliances qui se nouent entre nous, mais également du combat que nous menons avec nous-mêmes pour survivre, exister, essayer de vivre en harmonie avec les valeurs nobles desquelles nous nous efforçons de nous rapprocher.

Si chaque mythe porte en lui-même une issue précise, le passage d’un mythe à l’autre, révèle combien rien n’est fixe. Au contraire, nos forces et nos faiblesses nous font passer de la complicité en l’affrontement, de la concorde au chaos.

A travers chaque histoire, Justine Darmon donne chair et âme aux conflits et accords qui jalonnent le parcours humain. Les questions sont posées, les réponses ne s’imposent qu’un temps et nous voilà à nouveau bringuebalés par nos sentiments, nos émotions, nos actes.

Olivier Bourgoin – Agence Révélateur


"Ambivalence: a tendency to simultaneously experience or manifest two opposing feelings towards the same object".                                                                           

The cold definition of a word always hides the shades and asperities that life, history and time imprint upon it. By probing the male-female relationship, but also the one we all have with our own intimacy and spirit, Justine Darmon offers a sensual and rough read of our emotions, our fears as well as our hopes.

Through the bodies that embody ten chapters of Greek mythology, the photographer invites us to immerse ourselves in our interiority and corporeality, in their incessant confrontations, but also in the contradictory or complementary movements that guide our lives, our relationships, our betrayals.

It is a sensual interpretation of the struggles and alliances that are forming between us, but also of the struggle we are waging with ourselves to survive, exist, try to live in harmony with the noble values of which we strive to bring us closer.

If each myth carries a specific issue in itself, the passage from one myth to another reveals how nothing is fixed. On the contrary, our strengths and weaknesses make us go from complicity to confrontation, from concord to chaos.

Through each story, Justine Darmon gives flesh and soul to the conflicts and agreements that punctuate the human journey. The questions are asked, the answers are only necessary for a time and we are again bothered by our feelings, our emotions, our actions.

Olivier Bourgoin – Agence Révélateur

"La madeleine repentante"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh – Place Wilson

Si Jean-Michel Rousvoal a placé ces dernières années le nu féminin au centre de son travail, sa dernière série réalisée en 2017, l’inscrit dans une tradition qui semble inhérente à la photographie depuis sa naissance, celle qui la fait dialoguer avec la peinture.

Le nu tout comme la nature morte ou le paysage sont depuis toujours les sujets les plus propices à ces jeux d’échanges, le nu et la nature morte plus particulièrement parce qu’ils se composent à l’atelier. Il s’agit en effet d’intervenir directement en amont de la prise de vue pour composer. La pose et l’éclairage constituent un premier travail essentiel avant toute forme d’équilibrage ultérieur.

Jean-Michel Rousvoal privilégie logiquement le travail en studio ce qui lui permet de se concentrer sur la lumière et la couleur. En retenant le thème de la Madeleine repentante, il prenait un risque certain, celui d’introduire le réalisme dans un sujet hautement symbolique, religieux et philosophique que des peintres parmi les plus célèbres ont, depuis le XVIIème siècle, chargé d’une double ambiguïté fondamentale, celle de la relation entre l’érotisme et la mort, entre l’extase religieuse et l’extase physique, une exaltation de la condition humaine.

Le réalisme immédiat de la photographie pouvait en effet avec une trop évidente complaisance, laisser l’érotisme gagner la part dominante réduisant à néant l’indispensable dimension symbolique. Savamment, en usant d’une lumière verte qui vient éclairer d’un halo le crâne symbole de vanité, Jean-Michel Rousvoal, contient l’érotisme des corps et leur couleur chaude. La circulation visuelle entre ces deux lumières complémentaires métaphores d’éros et de thanatos, offre à cette nouvelle série de nus une dimension intemporelle.

Christophe Duvivier Directeur des Musées de Pontoise


« The repentant Magdalen »

If Jean-Michel Rousvoal has placed female nudity at the center of his work, obviously established in such a way that it seems to be a profound part of his own being since birth, then his last photographic series completed in 2017 allows it to be related to paintings.

Nudity, as in still life compositions or landscapes, are and always have been, the most propitious themes for this kind of visual exchange game. Nudity and still life compositions more particularly because they are created in the workshop. The aim is to intervene directly before the picture is taken to be able to compose the subject beforehand. The set up and lighting consist of a first essential task before any kind of subsequent adjustment or positioning.

Jean-Michel Rousvoal naturally privileges work in his studio allowing him to concentrate on both lighting and colour. By retaining the theme of the repenting Madeleine, the artist was taking a certain risk of introducing realism into a highly symbolic subject, both religious and philosophical which is a double fundamental ambiguity since the 17th Century; that of the relationship between eroticism and death, between religious and physical ecstasy and the exaltation of the human condition.

The immediate realism of photography can let eroticism be the dominant element reducing the essential significant and symbolic dimension to nothing with a complacency that is indeed much too obvious. Cleverly using green light to illuminate the skull, being the symbol of vanity, with a halo, Jean-Michel Rousvoal’s work incorporates all the eroticism of the human body and the appearance of the skin with its delicate warm hues and natural beauty. The visual movement between these two complementary lights, metaphors of Eros and Thanatos, offer a timeless dimension to this new series of nudes.

Christophe Duvivier Director of the Museums of Pontoise

"Hôtel des Moulins"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh – Place Wilson

« L’hôtel des Moulins », une chambre, une nuit oubliée, les occupants s’y succèdent le temps d’une pensée, d’un souvenir, d’un espoir, mais rien n‘évolue, chaque moment s’envole dans l’attente du suivant.

Une mise en scène photographique inspirée du cinéma dans un décor imaginaire qui dévoile des instants figés dans le temps dans un lieu isolé, où la vie s'écoule lentement.

Que ce passe-t-il avant ? Qu'arrive-t-il après ? Autant de questions laissant au spectateur le soin de se trouver sa propre interprétation de l'histoire dans cette atmosphère particulière

"Nu en clair obscur"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh – Place Wilson

Cette série effectuée entre 2015 et 2017 est née d’un désir d’explorer le corps de manière différente.

Ma démarche n’était pas de photographier des femmes nues mais plutôt des corps nus. La dépersonnalisation de l’individu passe par sa mise en lumière et par une recherche d’écriture graphique spécifique ainsi que par une décontextualisation du sujet, seul élément de l’image.

Le fond noir, omniprésent, vient renforcer cet isolement du sujet dans le cadre. Entre détails et plans larges, mon but était de jouer avec la lumière, tantôt fine et dure, tantôt douce et plus présente et de chercher des compositions minimalistes fortes et autonomes.

"Lignes de fuite"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh – Place Wilson

Fuir la guerre ou le climat, la répression, la tyrannie, la misère, l'agitation. Fuir ses responsabilités, les impôts, l'ennui, la monotonie, les inondations, le vieillissement du corps. Fuite en avant, fuite d'informations, de mémoire, de capitaux. Fuites radioactives, fuite des cerveaux...

A une époque où la fuite est devenue multiple, envahissante, gros titres des médias et ligne de conduite pour beaucoup, je voulais la goûter encore et la mettre en images. Sans danger, sans arme, sans cri, sans sang.

J'ai trouvé cette jolie définition : "la fuite est une allure de sauvegarde adoptée par un voilier au portant (vent arrière), dans des conditions de gros temps, quand le bateau risque d'être roulé en se maintenant à la cape. On y est poussé par le vent et la mer".

En ces années, et celles à venir, de gros temps et de risque immense d'être roulés, j'ai voulu profiter et garder une trace du vent, de la mer, du soleil que nous avons connus. Une fuite par abandon de soi aux éléments. S'abandonner à ne rien faire, à ne rien faire d'autre qu'abandonner le combat.

A chacun ses lignes de fuite. En voici quelques-unes que j'aime et que, avec l'immense chance d'être"né ici", j'ai pu suivre parfois.

"TouchMe"
ITALIE
ARLES – Espace Van Gogh – Place Wilson

Le projet TouchMe est une exploration de la sensualité féminine née de l'interaction entre moi et cinq femmes, modèles par hasard. Ils sont libres de montrer à ceux qui croient les symboles de leur sensualité et à moi de les interpréter, à travers l'objectif, selon ma conception de la sensualité.

Mon projet photographique essaie de mettre l'observateur devant ce mystère de la beauté et de la damnation, et je le fais à travers un arrangement visuel qui spécifie la perception et en même temps laisse vivre le nébuleux de ce qui n'est pas explicite et insaisissable. Être étudié, scruté, deviné.

TouchMe est un travail modulaire, une image composite d'une idée. Dans la réalité des corps, j'explore ces plis soudains et fugaces entre lesquels se dévoile l'attrait charmant des sens. Les photographies restituent une idée de la sensualité intrinsèquement liée à la féminité, celle du corps sujet de la représentation, et celle de mon regard qui, en tant que femme, connaît le charme de la peau et l'élégance magnétique de l'intimité.

Pour moi, c'est la sensualité, un naturel limpide où le goût esthétique, la beauté claire et nue d'un instant fixé dans les yeux du spectateur, pousse l'imagination à la passion et au désir.

Les soixante œuvres, douze pour chaque modèle, sont toutes réalisées en imprimant les photos sur un papier "Soft Touch" doux et velouté au toucher comme la peau d'une femme. Ainsi, l'impression photographique est transformée en un travail de matériaux.

L'observateur est invité à toucher le travail matériellement, en étendant également l'utilisation de l'ensemble du contenu au toucher. Le résultat est une fructification active et non passive, à travers un «appel à l'action» qui génère une relation physique entre l'œuvre et l'observateur.

"Mosaïques intimes"
FRANCE
ARLES – Espace Van Gogh – Place Wilson

De quoi sommes-nous faits ? Qu'avons-nous en nous ? Où regarder ? Quelle partie? Quels détails ? Comprend-t-on mieux si on s’approche plus ? Voit-on mieux ? Jusqu’où s’approcher ? Peut-on être trop près ? Et quand nous reculons, pour avoir une vue d’ensemble, que voyons-nous ?

Devons-nous garder tous les détails en mémoire ? Pouvons-nous le faire ? L’ensemble est-il juste une somme de détails ? Est-t-il autre chose ? Révèle-t-il autre chose ? Quelque chose d’intérieur ? De plus intime ? Les détails de la surface nous masquaient-ils cette intimité ? Quelle est la distance la plus juste ? La plus vraie ? En existe-t-il une ? Ou bien devons constamment être en mouvement ? Nous approcher, reculer, nous approcher de nouveau ? Sans cesse.

"One Love"
FRANCE
ARLES – Galerie de l’hôtel de l’Amphithéâtre Rue Diderot

"Tout est désir, il n’y a qu’à le sentir"

À l'origine de cette exposition, j'avais le désir de montrer la sensualité des corps qui se mélangent et la variété des goûts sensuels.

En utilisant le procédé ancien du cyanotype, j'ai voulu rendre la douceur de la peau et la qualité de la tendresse choisie


"Everything is desire there is only to feel it"

At the origin of this exhibition, I had the desire to show the sensuality of the bodies that mix and the variety sensual tastes.

Using the old process of the cyanotype, I wanted to make the skin soft and the quality of the chosen tenderness.

"Nus et Portraits"
FRANCE
ARLES – Galerie Aux Docks d’Arles Rue du Docteur Fanton

Je photographie un nu, pour montrer la beauté, avec seulement l’ombre et la lumière, sans décor, hors des modes et du temps. Je suis révoltée par l’utilisation du corps de la femme dans la publicité, dans le commerce, et par l’obligation de se cacher qui lui est faite dans certains pays.

Quand je photographie un visage, je cherche, au-delà des apparences et du masque, l’être humain dans ce qu’il a de plus essentiel, la part secrète qui est en chacun. Au plus profond de l’ombre se révèle la vérité.

Pour les tirages, j’utilise la gomme bichromatée : je fais mes grands négatifs, je choisis le papier et les pigments, je prépare mes produits chimiques, j’enduis mon papier, après insolation je le développe dans l’eau.

« Milos 2017 »
FRANCE
ARLES – Atelier de l’image Rue du quatre septembre

Franck Musset

Claude DEGAND

Philippe LARDET

SYMON


Jean Michel MATHEOSSIAN

Une île des Cyclades, avec le charme de l’ambiance grecque et ses merveilleux décors naturels, au milieu desquels Bruno Rédarès a mis en valeur une magnifique fille d’Aphrodite qui a sublimé ces lieux déjà naturellement beaux.

Tour à tour, s’offrirent à nos objectifs, une naïade, une silhouette ayant l’aura d’une cariatide, une très jeune veuve, une superbe déesse au corps parfait de statue antique, intemporelle réplique de la Vénus de Milo, une "robinsone" sur un îlot où ne vivent que des chèvres, un tanagra virevoltant en blanc dans les ruelles d’une troisième île, Kimolos, tous ces visages et ces corps que notre charmante modèle Tifenn nous a offerts